Nappe alluviale du Giffre : une étude sur trois ans

Installation des piézomètres en 2026

Pompage d’essai lors du forage profond, sur le secteur La Valentine à Verchaix

Les chantiers d’implantation des piézomètres et de création des forages profonds auront lieu au printemps, puis à l’automne 2026. Au total, 31 piézomètres instrumentés vont être placés sur l’ensemble de la superficie de la nappe du Giffre, entre les communes de Taninges et Samoëns – à une profondeur moyenne d’environ 15 mètres. Les forages profonds seront réalisés sur trois secteurs du territoire : « Grand Clos » à La Rivière-Enverse, « La Valentine » à Verchaix et « Vallon » à Samoëns.

Plan de localisation des piézomètres → à télécharger (jpg)

NB : Un piézomètre est un dispositif utilisé pour mesurer le niveau d’eau ou la pression de l’eau souterraine à un endroit précis dans un aquifère. Il s’agit généralement d’un forage de faible diamètre équipé d’un tube qui permet d’observer ou d’enregistrer la hauteur piézométrique de la nappe phréatique. En pratique, l’eau remonte dans ce tuyau jusqu’à une certaine hauteur, qui reflète la pression de l’eau souterraine à cet endroit.

⚠️ Si les dispositifs ne représente aucun danger pour les passants, les animaux et l’environnement, il est formellement interdit de toucher au matériel.

Un geste simple, quotidien, presque anodin : ouvrir un robinet et voir l’eau s’écouler, comme une évidence. Cette ressource vitale devient pourtant de plus en plus précieuse dans notre région… En effet, la forte poussée démographique, ainsi que l’activité touristique, sur le territoire du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de l’Arve – qui s’étend sur la moitié nord du département de la Haute-Savoie – entraine un accroissement des besoins en eau et des volumes prélevés toujours plus importants…

La nappe alluviale du Giffre, bien qu’elle reste actuellement très peu sollicitée pour l’alimentation en eau potable, industrielle ou agricole, constitue une réserve en eau des plus importantes, notamment pour les milieux naturels de la vallée du Giffre. Désignée comme stratégique par le SAGE – on parle d’un fort enjeu pour l’alimentation en eau potable à long terme – « cette ressource en eau nécessite d’être préservée de la manière la plus efficace possible, en adaptant ou régulant, si besoins, les occupations des sols, activités et usages sur les zones où se constitue cette ressource », précise Gilles Péguet, président de la Communauté de Communes.

La zone de l’étude est située entre l’Etroit Denté (limite communale entre Mieussy et Taninges) et Le Perret (premier hameau de Sixt-Fer-à-Cheval, après avoir passé la plaine de Vallon à Samoëns)

Localement, le SAGE demande aux services de l’Etat, ainsi qu’aux collectivités concernées, ici la Communauté de Communes des Montagnes du Giffre, d’identifier et caractériser les ressources dites « stratégiques » pour les besoins (actuelles et futures) en eau potable et de délimiter des zones nécessaires à leur sauvegarde. Ensuite, il demande de définir, en concertation avec les acteurs concernés, les modalités de préservation de ces ressources avec un usage prioritaire pour l’alimentation en eau potable et d’engager les actions de protection ou de restauration nécessaires.

Une ressource vitale qui nécessite d’être mieux connue pour être mieux protégée !

A Samoëns en avril 2026, travaux de forage pour l’installation d’un piézomètre ou puit d’observation

Ainsi, conscients des enjeux à long terme – et d’autant plus dans un contexte global de réchauffement climatique – « les élus communautaires souhaitent confirmer le potentiel des zones d’intérêts pour les ressources en eau futures identifiées lors d’une étude menée par le SIVM du Haut-Giffre en 2010, positionner avec précision les sites les plus favorables en vue d’une éventuelle exploitation future et définir les financements nécessaires pour en assurer la protection », indique le président de la Communauté de Communes.

Pour cela, « nous engageons le territoire dans une vaste étude qui va durer près de trois ans et se dérouler en deux phases ». La première, la plus longue, permettra de recueillir des données à l’échelle de la nappe pour caractériser le fonctionnement de l’aquifère : suivi de l’évolution des niveaux d’eau dans le temps, étude des flux souterrains ou évaluation de la réponse de la nappe aux variations climatiques. Pour cela, il est prévu la création d’un important réseau piézométrique et de trois forages profonds entre Taninges et Samoëns.

La seconde phase débutera fin 2027, et consistera à valider collectivement les actions et mesures de protection à engager localement ; elles seront notamment retranscrites dans les documents réglementaires, d’urbanisme (SCOT, PLU) et de planification.

Plan de localisation des piézomètres → à télécharger (jpg)

Le montant de l’étude est estimé à 460 000 euros HT, financée par la Communauté de Communes des Montagnes du Giffre, avec des aides financières de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse (à hauteur de 70%) et du Département de la Haute-Savoie (à hauteur de 10%).

Planning prévisionnel de l’étude

Un pilotage de l'étude, à la fois politique et technique

L’encadrement de l’étude de la nappe alluviale du Giffre, en accompagnement du Maître d’ouvrage et de son Assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO), est prévu à deux niveaux, par un comité technique (COTECH) et par un comité de pilotage (COPIL), au sein desquels sont notamment présents :

→ L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse,
→ Le Département de la Haute-Savoie,
→ Les collectivités concernées par l’étude : Communes, Communauté de Communes et Syndicats,
→ Le Syndicat Mixte d’Aménagement de l’Arve et de ses Affluents (SM3A),
→ Les services de l’Etat : Direction départementale des territoires (DDT), l’Agence Régionale de la Santé (ARS), la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL)…

D’autres structures (Chambre d’Agriculture, Chambre de Commerce et d’Industrie, SCoT Mont-Blanc…) pourront aussi être associées en phase de concertation.

Enfin, les deux bureaux d’études retenus sont : GEOLITHE (ingénierie) et ACTéon Environnement (conseil).

+ d’infos

Sylvie Duplan
Cheffe du pôle
Planification / Transition

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Pauline Leterte
Technicienne Environnement /
Espaces naturels

04 50 47 62 00